Le Saumurois se développe et recrute

Postée le 11 octobre 2017

Le Saumurois se développe et recrute

 Qu’on se le dise, Saumur et sa région connaissent une belle embellie du marché de l’emploi. Entre mars 2016 et mars 2017, ce ne sont pas moins de 3700 offres d’emploi qui ont été déposées par les employeurs saumurois, soit une progression de 14,5%. Malgré cela, les entreprises du bassin peinent à recruter. Ainsi plus d’un tiers des offres ne sont pas satisfaites. Zoom sur le marché de l’emploi en Saumurois

Les secteurs qui recrutent

 Dans un bassin d’emploi qui compte le plus fort taux de chômage du Département, l’augmentation des offres d’emploi est forcément vue comme un signe de reprise de l’activité économique.

Mais quels sont les secteurs qui recrutent réellement dans le Saumurois ? Force est de constater que le secteur du tertiaire est quasiment le principal pourvoyeur d’emploi puisqu’il représente 75 % des offres. Vient ensuite le secteur agricole avec 17 % des offres puis au coude à coude, l’industrie et le bâtiment avec respectivement 4 % des offres.

Si l’on regarde de plus près, on constate que les métiers les plus recherchés par les employeurs saumurois sont l’agriculture, l’hôtellerie et la restauration, les services à la personne, le transport, le commerce et la réparation automobile, l’industrie et le BTP.

En ce qui concerne le type de contrat proposé, les offres temporaires (contrat d’une durée de 1 à 6 mois) représentent 56 % des offres d’emploi contre 38 % pour les offres d’emploi durables.

Le bâtiment, exemple d’un secteur qui peine à recruter

Le bâtiment est l’un des secteurs dans lequel les difficultés de recrutement se font le plus sentir. Interrogé sur le sujet, Julien Berthias, Secrétaire général de la Fédération Française du Bâtiment de Maine-et-Loire, dresse le bilan plutôt étonnant. Après une triste période pendant laquelle plus de 5 000 emplois ont été supprimés dans le Département, le secteur du bâtiment vit actuellement une réelle reprise de l’activité. Pour autant, le manque de main d'oeuvre se fait sentir. On observe tout d’abord, un manque de jeunes actifs sur le marché dû à une baisse des effectifs des CFA depuis 5 ans, avec toutefois une reprise de 15% pour cette année. D’autre part, bon nombre de personnes licenciées se sont reconverties. La concurrence des secteurs, tels que l’industrie notamment, qui ont réembauchés les anciens salariés du BTP joue également un rôle dans la baisse de la main d’œuvre. Ainsi à l’échelle du Département, ce sont près de 300 offres d’emploi à plus ou moins courts termes (3 mois) qui ont été décelées en juillet !

Dans ce secteur, 3 métiers sont particulièrement en tension : la maçonnerie de gros œuvre, la menuiserie, la couverture et métallerie. Pour le Secrétaire général de la FFB49, cette situation est d’autant plus difficile à comprendre alors même que sur le seul secteur d’Angers, les chiffres de Pôle Emploi indiquent un nombre très important de demandeurs d’emploi inscrits dans le BTP qui ne trouvent pas d’employeurs.

Lionel Dujardin, le cas concret d’un entrepreneur saumurois en mal de main d’œuvre

Lionel Dujardin s’est lancé dans l’aventure de l’entreprise il y a une douzaine d’années. À l’époque, il était seul à proposer ses services de métallier-serrurier. À force de persévérance, sa petite entreprise allonnaise s’est bien développée pour atteindre aujourd’hui les 17 employés. Pourtant, malgré un carnet de commande qui ne cesse de se remplir et la volonté d’embaucher, ce chef d’entreprise dynamique se heurte à un problème : le travail est là et ne manque pas, mais la main d’œuvre fait défaut. Dans sa branche, le problème porte plutôt sur la formation des jeunes. Une dure réalité, face à un secteur qui ne séduit pas forcément la jeune génération et pour lequel peu de formations existent, pour garantir une main d'oeuvre suffisante. Selon, l’entrepreneur, il existe aussi des difficultés dans la mise en relation de l’offre et de la demande. Beaucoup d'individus son en recherche d'emploi. Lionel Dujardin constate cependant qu’il existe une multitude de dispositifs mis en place pour former, réinsérer les demandeurs d’emploi. C’est ainsi par le biais de dispositifs comme le PPAE (projet personnalisé d’accès à l’emploi) ou FPR (formation préalable au recrutement) qu’il a recruté trois de ses derniers collaborateurs. Des dispositifs qui n’existent malheureusement plus aujourd’hui. Le problème, réside dans le fait que les entreprises n'ont pas connaisance de ces dispositifs et hésitent à embaucher faute de temps pour former et de moyens. Pour lui, des organismes comme Pôle Emploi devraient renforcer le contact direct avec les entreprises, pour prendre en compte leurs besoins. En attendant, Lionel Dujardin recrute par ses propres moyens, faisant parfois appel à des agences d’intérim ou à des agences de recrutement comme ce fût le cas pour sa dernière embauche : un chargé d’affaires qu’il a mis un an a trouvé.

 

 

Des exemples d’actions menées pour favoriser les rencontres demandeurs-employeurs

Face aux besoins en recrutement des entreprises, de nombreuses institutions ont réagi et mis en place un certain nombre d’actions. Le but étant de fluidifier et de faciliter au maximum les contacts entre les demandeurs d’emploi et les employeurs. De nouveaux outils performants ont ainsi vu le jour.

C’est par exemple le cas de la Méthode de Recrutement par Simulation (MRS) développée par Pôle Emploi. Cette méthode permet d’aborder différemment le recrutement sans prendre en compte l’expérience et le niveau de diplôme du demandeur, mais plutôt ses compétences et ses aptitudes à tenir un poste.

La Préparation Opérationnelle à l’Emploi Collective (POEC) est un autre outil qui permet diriger des demandeurs inscrits à Pôle Emploi, vers des formations sur des métiers pour lesquels les entreprises peinent à recruter. Ce dispositif est mis en œuvre sur décision des partenaires sociaux d’une branche professionnelle pour pallier les tensions sur certains métiers.

En Saumurois, deux dispositifs opérationnels ont également été initiés pour favoriser la rencontre des employeurs et des actifs. Ainsi les Job Dating (environ 400 personnes) et les Job Meeting (à plus grande échelle avec plus de 1500 participants) dont le dernier a eu lieu le 15 septembre, permettent de répondre aux besoins immédiats des entreprises et favorisent tous les 6 mois les rendez-vous en toute simplicité des entreprises et des actifs du Saumurois.